Comment les organismes communautaires peuvent refuser une demande de recherche (sans fermer la porte)

Les chercheurs sollicitent les organismes communautaires plus souvent que la plupart ne peuvent y répondre. Voici un court guide pour décider quelles demandes accepter, et pour refuser les autres sans fermer la porte.
Refuser n'est pas un échec de la collaboration
Lors d'entretiens avec le personnel d'organismes communautaires montréalais, plusieurs ont décrit le refus de projets comme une façon de protéger leur capacité, et non comme un manque d'intérêt. Votre mission première est ce dont vous êtes responsable.
Cinq questions à poser avant d'accepter
- À quel moment du processus vous sollicite-t-on ? Si les questions, la conception et les méthodes sont déjà fixées, on vous invite à donner un accès, pas à influencer quoi que ce soit. Cela peut tout de même en valoir la peine. Nommez-le correctement avant de décider.
- Qu'obtenez-vous, et quand ? Les échéanciers de recherche sont longs, les vôtres ne le sont pas. Demandez ce que votre organisme recevra, et à quelle date : un résumé en langage clair, un rapport à joindre à une demande de financement, une présentation conjointe, une lettre d'appui, un statut de cocandidat au prochain cycle.
- Comment votre contribution sera-t-elle documentée ? Les présentations, le contexte local et la connaissance du milieu façonnent les résultats et sont rarement consignés. Demandez comment votre organisme sera nommé, crédité ou cité. Si la réponse est vague, c'est déjà une information.
- Qui est propriétaire des données, et qu'en advient-il ensuite ? Demandez si elles peuvent être réutilisées pour d'autres projets, si vous verrez comment elles sont interprétées, et si vous en conservez l'accès.
- Qui paie le temps de votre personnel ? Les heures sont un poste budgétaire réel. De nombreuses subventions peuvent couvrir le temps des partenaires lorsqu'il est prévu avant le dépôt, une autre raison pour laquelle le moment de la demande compte. La saison des concours d'automne est un bon moment pour en parler.
Comment refuser sans fermer la porte
Nommer la contrainte et énoncer les conditions qui rendraient la réponse positive fonctionne souvent mieux qu'un non catégorique. Quelque chose comme :
Nous ne pouvons pas accepter ce projet dans sa forme actuelle, mais s'il était conçu avec nous dès le départ et comprenait un rapport que nous pouvons utiliser, nous serions intéressés pour le prochain cycle.
D'une demande de faveur à une reconnaissance d'expertise
Notre parti pris est évident, puisque publier le savoir communautaire est notre travail. Mais un partenariat qui ne laisse à votre organisme rien d'utilisable n'est pas un partenariat. La différence n'est pas l'effort. C'est qui fixe les conditions, et quand.
| La séquence habituelle : on demande un accès | Les services définis d'abord : on sollicite l'expertise |
|---|---|
| Le projet est conçu et financé | Vous définissez ce que vous offrez |
| On approche votre organisme | Les chercheurs s'adaptent à vos conditions |
| Vous donnez un temps que vous n'avez pas | La portée et le coût sont convenus d'avance |
| Les résultats sont publiés | Le travail avance, avec crédit attaché |
| Ce qu'il vous reste : de la bonne volonté | Ce qu'il vous reste : reconnaissance, compensation, un dossier citable |
Il existe aussi une façon de cesser de répondre à ces demandes une à une. Les organismes communautaires peuvent s'inscrire à ScienceReach et définir leurs propres services de connaissances grâce à notre Carrefour des services de connaissances : ce que vous offrez, à quelles conditions et à quel coût. Les chercheurs, les étudiants et les responsables des politiques qui cherchent un savoir local viennent vers ce que vous avez défini, et votre contribution est reconnue et rémunérée plutôt qu'absorbée. Pour toute question ou pour de l'aide, écrivez-nous à info@sciencereach.ca.

